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Jeudi, le 20 novembre 2008
Les races et l'élevage vache-veau
Performances des troupeaux bovins
Par Christian Pelletier, agronome


Le MAPAQ a publié récemment une brochure intitulée « Programme génétique au Québec - Analyses rétrospectives des performances bovines - 1996-2006 ».

Ce recueil des statistiques tirées des résultats du PATBQ comporte plusieurs volets, dont l'analyse des races en élevage vache-veau, l'analyse des races en bouvillons d'abattage, les performances des taureaux de génétique supérieure. Ce premier article de la série touche les races en élevage vache-veau.

L'effet de la race
Les performances zootechniques des principales races de bovins de boucherie élevées au Québec sont confinées au tableau 1. Dans cette étude, un veau était classé de race si la composition génétique était égale ou supérieure à 30/32e de sa race. Pour la vache, ce seuil était fixé à 28/32e. Les animaux considérés croisés ne devaient pas avoir plus de 4/32e de race laitière dans leur bagage génétique.

Le tableau 1 nous montre certaines particularités de chacune des races. Par exemple, les races Angus et Salers donnent des veaux un peu plus petit à la naissance et l'intervalle entre vêlages est un peu plus court. On dit que ce sont des races avec des caractéristiques maternelles. À l'opposé, les races Charolais et Simmental produisent des plus gros veaux à la naissance et leur vitesse de croissance (GMQ) est plus rapide. On dit que ce sont des races avec des caractéristiques paternelles. Les animaux croisés réalisent une vitesse de croissance semblable à celle de la moyenne de toutes les races. Toutefois, ils sont sevrés plus gros parce qu'ils sont gardés plus longtemps avec la mère et que celle-ci est en moyenne plus âgée.

L'effet de l'éleveur
Le tableau 2 illustre les écarts de performances de croissance qu'il existe entre les animaux. Le premier quartile regroupe 25 % des veaux qui réalisent les meilleurs GMQ tandis que le quatrième quartile représente 25 % des veaux avec les pires GMQ. On constate qu'il y a plus de différence entre les individus d'une même race qu'entre la moyenne de deux races différentes. Par exemple, entre la race Charolais dont le GMQ moyen est de 2,58 lb/j et la race Angus avec un GMQ de 2,45 lb/j, la différence est de 0,13 lb/j, soit environ 5 %. Par contre, entre les veaux du premier quartile et ceux du quatrième quartile de la race Angus, l'écart de GMQ est de 3,06 - 1,84 = 1,22 lb/j, donc 66 %, soit un écart 13 fois plus important.

Cet écart est, en partie, attribuable à la génétique. À l'intérieur de chacune des races, il existe des vaches et des taureaux de haute valeur génétique et d'autres de piètre valeur génétique. C'est souvent à l'habileté de l'éleveur dont dépend l'amélioration génétique du troupeau. Même plus, la régie influence beaucoup les performances. Une bonne alimentation combinée à une bonne santé favorisent un GMQ supérieur. Ainsi, quelle que soit la race utilisée, une bonne stratégie d'amélioration génétique combinée à une bonne régie sont susceptibles de conduire à des performances supérieures. Donc, en ce sens, le savoir-faire de l'éleveur est plus important que le choix de la race.
Christian Pelletier, agronome Conseiller régional en production animale MAPAQ - Bas-Saint-Laurent


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